Talk geeky to me Parce que les geeks ne pensent pas qu'avec leurs bits

30jan/150

L’histoire du kilt

Il était une fois

dans un pays pluvieux

la petite Margwa,

gardienne de boeufs

Traînant dans les pâtures

toute la sainte journée

elle rêvait d'aventures,

de gloire, de renommée

Appelée garçon manqué

par tout le voisinage

rien ne pouvait freiner

ses envies de voyages

Ses parents bienveillants

la laissèrent partir,

voir tout le continent

pour enfin s'accomplir

Parcourant le pays

par vallées et par monts

bien vite, elle ralentit

pour cause de pantalon

"Ce n'est pas parce qu'on part

au devant des ennuis

qu'il est obligatoire

d'être habillé en lui."

Coup de bol pour elle

un petit couturier,

des robes plein l'escarcelle,

venait de la croiser.

"Une tenue jolie

avec ma cotte de maille

masquant mes pas et bruits

sur le champ de bataille"

Alors, d'une guenille

au milieu, il tailla,

fit filer son aiguille,

ne garda que le bas

Ravie de l'invention

Margwa vite, s'habilla

paya son compagnon

d'un baiser et fila

Son courage, son pas leste,

et bientôt ses hauts faits

du pays, d'est en ouest

tout le monde parlait

Bandits, trolls & dragons

Despotes, envahisseurs

Les méchants et les cons

vécurent leurs pires heures

Les exploits de la guerrière

créèrent des vocations

et beaucoup adoptèrent

son astucieux jupon

Tout le monde y gagna :

le pays, un symbole.

Le couturier adroit

la fortune la plus folle

et sa plus grand joie

son rêve le plus précieux :

revoir un jour Margwa

et pouvoir vivre à deux

Car notre couturier

avait bien sur compris

que les garçons manqués

font des filles réussies

margwa

Bavé par
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9jan/150

Un bon gros tas de merde

Je ne vais pas bien.

Depuis 2 jours, je traîne sur l'ordi, à attendre des infos, des réactions, des mots... Je ne sais pas trop quoi, en fait. Peut-être juste la fin du truc, enfin, la fin... Ce ne sera évidemment qu'un début, mais au moins l'arrêt des fusillades, des prises d'otages, des sièges, des projectiles, de cette peur qui étreint tous mes potes parisiens dès qu'une sirène se fait entendre.

On me dit qu'il ne faut pas avoir peur, que sinon, les "méchants" auront gagné. Mais si, il faut. Faut juste réussir à passer au dessus, enfin il faudra, mais pour l'instant, tout le monde a peur, et c'est normal et c'est aussi peut-être ça qui nous gardera un peu en vie, du moment qu'on ne la nie pas.

Je crois que j'ai rarement été aussi choqué. Le 11 septembre m'avait surpris dans le mauvais sens, mais il ne m'avait sans doute pas fait aussi mal. Pas parce qu'il était moins grave d'une manière ou d'une autre (le malheur ne se compare pas), qu'il était plus loin, que c'était les USA, ou autre. Peut-être que je l'ai ressenti comme une réaction extrême et déplacée face à des politiques militaires et économiques, je ne sais pas. Là, c'était une réaction armée à des dessins. A des gens qui disent des conneries, d'aussi mauvais goût soient-elles, mais qui fondamentalement, cherchent à faire rire. Ayant moi-même souvent abusé de mon droit à être con et à le faire entendre, ça me fait mal, bien plus que je ne l'aurais cru si on me l'avait annoncé. Et mon pessimisme naturel prenant le relais du mal-être, c'est pas prêt de s'arranger.

Alors je fouille, je scrute, j'avale mon twitter et mon facebook alors qu'ils débitent plus que jamais, je vais lire tous les liens que je vois passer, je m'abrutis la tête à base d'articles, de retours, de dessins, tout en retenant mes larmes pour mon chez moi. Et les seuls moments où ma tête s'allège un peu, c'est quand quelqu'un arrive à me faire rire. Et ça me fait encore plus mal parce que c'est ça qu'ils ont un peu tué mercredi, enfin essayé en tout cas. Du coup, je dis merci à tout ceux qui réussissent à faire encore un peu rire. Ils vont nous aider à passer au dessus, sans tomber d'un autre côté, j'espère. J'espère aussi qu'on ne dérivera pas trop. Que les crétins abyssaux qui ont fait ça ne se feront pas tuer quand la police mettra enfin la main dessus. Qu'au contraire, on essayera de s'aimer un peu plus. C'est pas gagné.

Bavé par
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30déc/140

Y a un peu plus, je vous le laisse ?

A l'heure où les jours nous reviennent doucement et où on fête les Roger, il parait que c'est l'heure des bilans. On peut donc affirmer sans trop de crainte qu'on a environ 20 minutes de jour en moins à Bruxelles qu'à Paris, en tout cas aujourd'hui. Je peux aussi imposer qu'à l'heure noire où seuls quelques touristes en plein décalage horaire et des livreurs traînent dessus, la Grand Place et son sapin illuminé sont à moi, même si ce n'est qu'en passant pour aller au bureau.

Mis à part ça, pas grand chose. Pour suivre une tradition récemment importée en Rilletterie, j'envisage de me mettre à fêter les solstices. Ca fera toujours une raison de plus de bâfrer sur mon canapé. Oui, j'ai la fête simple. Il faudrait aussi que je pense à prendre une résolution pour l'année approchante et je me disais que 1920x1080, c'était pas mal. Parce que bon, celles de l'ONU, on sait à quoi ça sert. Oui, j'ai le cliché facile. Enfin, puisque l'obsolescence programmée du calendrier est plus puissante que celle d'Apple (et c'est pas peu dire), il va bien falloir changer d'année. Même si on peut souligner une continuité dans l'absence de rimes liées au chiffre qui fait toujours plaisir, il va falloir repartir  bien plus léger ce qui n'est jamais une bonne nouvelle, à moins de s'appeler Bilan Carbone. Oui, j'ai l'écologie tranquille.

Alors avant que 2015 nous tombe dessus, avec ses 15 ans du bug de l'an 2000 qui va peut-être arriver dans l'age bête, continuons de manger du gras parce que c'est bon, même si on sait qu'on va mettre nos sphincters au supplice, c'est l'esprit des fêtes. Et qui n'apprécierait pas un peu de spiritisme, en ces heures sombres de notre année ? En tout cas, bon Kwanzaa.

2014-12-12 19.35.26

Bavé par
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19nov/140

Do you speak grenouille ?

Je l'avoue bien volontiers, je suis français. Et du coup, vu qu'on a une seule langue nationale dans l'hexagone, je parle français. Plus ou moins bien, ça se discute, mais c'est ma langue. De mon pays. A moi. Oui, je précise bien pour qu'on comprenne que cette langue, c'est mon pays qui l'a inventée (si). Alors ça me fait rire quand des estrangers veulent m'apprendre à la parler.

Car oui, je l'avoue tout aussi volontiers, je vis en Estrangie. En Belgique, plus précisément. Et ce peuple, qui n'a même pas une langue à son nom (et pourtant, ils en ont trois) essaye régulièrement de m'apprendre ma langue. On leur prête gentiment un idiome et voilà qu'ils veulent t'en enseigner l'usage. C'est là que tu te rends compte que prêter ta langue, c'est un peu comme prêter ta voiture. Avec les belges, ça va encore. Ils t'ajoutent même parfois des options sympathiques, même si ce n'est pas toujours évident de s'y faire. Comme ces gros dés en moumoute au rétro marqués septante qui sentent bons, c'est pas mal. Et puis tu as les trucs plus problématiques, comme le savoir et le pouvoir, qui sont un peu comme si on échangeait l'emplacement de tes 2 premières vitesses. Tu cales souvent avant de percuter le principe et même quand tu le sais, tu n'y arrives pas vraiment.

Et puis ensuite, il y a le niveau québecquois. Ces gens qui transforment les gosses en testicules (l'inverse étant finalement assez facile) ou la turlutte en chant traditionnel. J'ai eu un collègue montrealais, et c'est totalement vrai, dont la grand-mère était championne de turlutte et qui voulait en faire profiter un pote dont il fêtait l'anniversaire, avant que tout le monde le saute (comprenez le faire sauter en l'air). Prêter ton français à un canadien, c'est prendre le risque de le voir complètement tuné, et pas dans le sens Pimp my ride. Il te rendre ta caisse avec des peintures fluos, pleines de fleurs qui crachent des flammes. A la place de ton klaxon, tu vas découvrir la Cucaracha version polyphonique et le mec va venir t'expliquer que c'est mieux comme ça, que c'est ainsi que ça doit être. Si en plus, il t'arrive de comprendre un peu, tu ne pourras plus regarder le chien à l'arrière, avec sa tête basculant pour embrasser ses gosses de la même manière. Ils salissent tout.

Alors bien sur que j'ai l'air condescendant, c'est ma langue après tout. Mais sachez que nous aussi, on a nos intégristes. Ca s'appelle l'académie française. C'est un peu le garagiste qui t'explique qu'il faut que des pièces d'origines quitte à faire des copies locales (Quelle partie de jambes en l'air ! ou Oh mon être abstrait supérieur ! (véridiques)), ou, que moderniser en égalisant un peu au niveau des genres n'est pas trop possible. Mais comme je ne me sens pas moins français que ces immortels, on s'en occupe pas trop. Du moment qu'on arrive toujours à embrasser nos gosses le soir sans avoir à prendre des cours de yoga avant, tout va bien.

Bavé par
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30juil/140

Peel Emma, peel

Dans la vie, il y a deux types de gens : ceux qui épluchent leurs patates avant de les cuire et ceux qui pèlent après. Evidemment, il y aura toujours des kakous pour vous dire qu'il y aussi ceux qui mangent la pomme de terre entière. Mais ce ne sont que des jean-foutres qui se parent de snobisme pour masquer une fainéantise que même moi je renierai. La patate, ça se respecte.

Il y a donc ceux qui préfèrent avant, comme Francis (qui, rappelons le, a un jour accueilli du Marcassou sur sa table, je dis ça, je dis rien) . A ceux là, je dirai que tout le monde n'a pas les moyens de s'offrir un, ou deux ou même 14 Willy Waller 2006. Alors oui, j'entends aussi ceux qui ont peur de se brûler les doigts. Mais d'une part, une bonne peutate, ça se mérite. Et d'autre part, la technologie actuelle a fait d'énormes progrès. Même en Corée du nord, ils ont des fourchettes maintenant (enfin, je crois). Et en plus, la peau s'enlève beaucoup plus facilement une fois bien cuite. Là comme ailleurs, il faut la chauffer un peu avant de la déshabiller. Les préliminaires, c'est important. Enfin, pour les amateurs de vitamines (il y en a), il me semble également qu'elles sont présentes dans l'habillage de notre cher féculent préféré. Alors forcément, si on veut qu'elles s'imprègnent, c'est mieux si elles prennent leur bain avec.

Donc voilà, pour toi, jeune, qui jusqu'ici te posais des questions. Tu ne savais pas, tu ne savais plus, tu es perdu, tu avances et tu recules, comment veux-tu, comment veux-tu ton tubercule? J'espère t'avoir mis sur la bonne voie pour préparer tes Amandines et tes Nicolas (chacun ses goûts, je ne juge pas). Et si tu veux être un vrai son of a Bintje, tu sais désormais ce qu'il te reste à faire : fais cuire ta patate, coco, et après seulement tu lui fais la peau.

Bavé par
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19avr/140

L’inexplicable

Tout le monde le sait, il y a dans la vie des choses inexplicables comme le capitalisme, le Japon, les sarouels ou les dates de péremption sur les plaquettes de chocolat. Et pourtant, on a beau le savoir, on continue d'être surpris quand on les croise. Passé un certain age, on pourrait croire que la résignation ferait son boulot, mais non. Je continue à m'interroger.

Pourquoi je n'arrive à parler franchement et relativement sans barrière que fatigué et la nuit, je ne sais pas. Pourquoi mes insomnies sont-elle devenues récurrentes alors que je passe une des meilleures années de ma vie. Pourquoi c'est dans ces moments là que je blogue. Comment un asocial tel que moi peut se retrouver avec un agenda aussi garni. Oui parce que si je ne me suis pas trop épanché ici ces derniers temps, c'est pas que je dormais (trop facile), mais bien que j'étais un peu occupé. Des villes à visiter, des rassemblements geeks à observer, une sirène à écarter de l'attrait du K.K.K., des apparts à salir, des concerts à fondre, des expos à prévoir, des touristes à canaper, des patates à étonner (ou au moins essayer), des pestacles à apprécier, des congés à négocier, un hiver à faire venir et un planning à planifier. Et malgré le sommeil évité à ruminer, toujours pas d'explications.

Me semble que la vieillesse est censée apporter la sagesse. Alors forcément, quand on reste jeune plus longtemps, ça devient plus compliqué. Du coup, je vais m'accrocher à ces îlots d'évidence qui empêchent les gens de sombrer dans une boucle infinie de questions sans réponses. Et grâce à F.F., les  jours à venir seront un peu plus faciles.

Bavé par
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19mar/143

L’art perdu de se faire des calins

Le weekend dernier, j'ai pu passer tranquillement à Made in Asia, une convention du style Japan Expo autour du thème du textile chinois ou des mangas, je ne sais plus bien. On peut y croiser une jeunesse plus ou moins expérimentée (car oui, on peut être jeune depuis plus longtemps que certains autres) qui se déguise pour célébrer ses idoles. Et si on peut constater que tous ces gens ont quand même de l'imagination et un certain talent pour se déguiser (je ne crois pas avoir vu un seul cosplay Kill La Kill, mais j'espère qu'il y en avait aussi), il y a des domaines pour lequel cette génération est un peu perdue. Enfin au moins un, et c'est pourtant pas faute qu'ils essayent, vu le nombre de pancartes Free hugs au mètre carré, et c'est le câlin.

Je ne suis pas spécialement tactile avec des inconnus, mais je sais encore reconnaître un câlin quand j'en croise un. Et là, j'en ai croisé du free hug à profusion, mais je crois que même un Derrick sous lexomil aurait eu plus d'intensité. Mais qu'est-ce qu'il vous est arrivé, les jeunes ? Je peux comprendre la gêne adolescente qui incite à une certaine pudeur. D'ailleurs, je n'ai rien dit concernant l'atelier speed dating de ce salon, alors qu'il me semblait pourtant que les collèges, lycées et autres lieux d'études supérieurs servaient à ça. Mais bon, si tu proposes du câlin, faut assumer un peu et produire un minimum de qualité.

De ce que j'ai pu observer (en nombre), le free hug correspondrait aujourd'hui plutôt à un chest bump. En gros, on ouvre les bras qu'on ne referme surtout pas et on joue à se toucher les épaules moins de 2 secondes, avec une mollesse qu'un paresseux suicidaire trouverait déprimante. Aucune passion, aucune tendresse, aucun entrain, aucun réconfort en fait. Alors quand je vois certains ancêtres armés de télé-objectifs qui ne photographient que de l'adolescente déguisée léger, je peux comprendre que vous vous reteniez face à certaines personnes pour ne pas finir à jouer à Tatayet au fond d'une cave, mais y a quand même un minimum syndical, non ?

Au moins un quart du public de ce rassemblement qui porte des promesses de free hugs (et au milieu coule une free biffle) et rien, juste des ados mous qui se touchent les épaules vite fait. Un peu comme cet air bisou que se font parfois certaines caricatures de bourgeois. T'as l'impression que si t'y vas et que t'en fais un proprement, tu vas finir enregistré comme prédateur sexuel mais merde, les filles, les gars. Même les larves d'Alien font de meilleurs calins que vous, faites quelque chose ! C'est mal parti pour que vous finissiez dans un loft à la télé, je vous le dis tout de suite.

Bavé par
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18mar/140

Self vacancy

Comment a-t-il pu nous faire ça? La douane nous avait convoqué sur le port en toute urgence. Nous avons du débarquer en famille pour lui faire la leçon. Papy n'est plus tout jeune mais l'age n'excuse pas tout.

D'abord, il y a eu papa. C'était le plus énervé, je crois. En même temps, c'est son père. Comment avait-il pu choisir une destination au pif? Sans même consulter Tripadvisor ou le site du routard. On avait vérifié son historique, et il n'y avait rien. Pas même la moindre recherche Google sur sa destination. Je crois que l'endroit n'était même pas sur Google maps. Autant dire qu'on ignorait jusqu'à son existence. Vraiment, à quoi il pensait ?

C'était du coup au tour de maman. Elle a fondu en larmes en repensant à ce lieu coupé du monde. Pas de wifi, pas de 3g, même pas un petit modem. 15 jours vides, sans la moindre nouvelle. Je crois qu'il n'a même pas pris son portable et ça, c'était un peu la goutte d'eau. Et s'il lui était arrivé quelque chose? Il aurait au moins pu prendre un gps, mais non. Rien de rien. Et c'est pas la carte postale qu'on recevra dans une semaine qui réussira à la calmer.

Tonton est alors rentré dans la danse. Tout le monde a vu qu'il essayait d'être plus calme mais on sentait bien qu'il bouillonnait intérieurement. Il a commencé son cours sur les marques de numérique fiables. Les pièges à éviter qu'il lui avait pourtant expliqué des dizaines de fois et que n'importe quel élève de primaire connait aujourd'hui. C'est pourtant pas compliqué de lire les recommandations d'usage sur le moindre site de vente de nos jours. Même des appareils hors réseau, on en trouve des bons. Encore faut-il penser à les prendre. Va savoir où il a pu trouver un jetable de nos jours.

Et puis ce fut à moi. Je devais lui porter le coup de grâce. Lui rappeler l'importance du stockage. Une clé usb ou une carte sd, ça ne se choisit pas au hasard. Toujours prévoir la quantité, pour se permettre de prendre n'importe quelle vue en 12 exemplaires, pour être sûr. Il faut toujours penser aux soirées photo d'après, on ne peut quand même pas présenter des messages annonçant des fichiers corrompus aux gens. Sans même parler de la vitesse de transfert ou de la capacité du device, tout simplement. L'enregistrement, c'est quand même la base.

Mais je ne sais pas ce qui s'est passé. J'ai du avoir une absence. Encore maintenant, je ne comprends pas. Je lui ai juste demandé s'il avait passé de bonnes vacances.

Bavé par
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16mar/140

l’héroïsme a 2 jambes, comme tout le monde

On ne parle pas assez de l'héroïsme ordinaire. Non, je ne vais pas évoquer ici l'achat de cd des restos du coeur, les pièces jaunes pour les clochards, MSF ou le visionnage quotidien de la télévision française. Tout ça est un petit peu trop facile. Non, ici, c'est une maison sérieuse et on ne fait pas dans l'héroïsme tranquillou de la conscience qui fait bien en société. Car il existe des formes de bravoures dont on ne parle pas assez et qu'il est pourtant important de mentionner, pour ne plus être seul.

Cette semaine, je suis donc allé acheter des pantalons. Deux fois. Et même pas deux fois parce que j'avais rien trouvé la première, non. Deux fois où la chasse a porté ses fruits. On frôle le masochisme, au moins d'une fois. Et pour, j'y suis allé. Dans la rue la plus commerçante de Belgique la première fois, loin de mes coins à futal habituels. Et j'ai vaincu. Le regard méprisant des vendeuses constatant que non, je ne connaissais pas ma taille de pantalon et que oui, je voulais 3 tailles de plus que ce que j'ai essayé d'essayer. La foule de dandys, nageant dans les rayons de fringues comme moi dans du nutella. Le snobisme inné des gens qui s'achètent des fringues comme je m'achète des plaques de chocolat. On n'en parle pas assez. Et pourtant, toute cette suffisance est là. Pas étonnant que des mecs comme Einstein ou Urkel finissent fringués comme l'as de pique.

On oublie trop souvent toutes ces générations perdues qui ont fini leurs vies en slips, même en cuir. On ne pense pas assez à tous ces peuples qui vivent la bite à l'air, ou en jupette. On préfère ne pas voir comme l'humanité a souffert dans ces ages sombres pour enfin arriver à la modernité du pantalon plein de poches. Et malgré ça, le vaillant homme qui s'en va quérir un tel trésor chargé d'histoire se retrouve raillé dès qu'il entreprend sa quête. Comme si c'était la moindre des choses. Eh bien non.

J'ai venu, j'ai vu et j'ai vaincu. Et même, j'y suis retourné, sur des terres plus hospitalières cette fois, au décathlon, où les gens croient bêtement que vous faites du sport. Tout ça à cause de l'obsolescence programmée sous forme de trous dans mes pantalons actuels. C'est dur de perdre un compagnon fidèle au combat, mais quand le temps s'y met aussi, c'est cruel. Je les remplace donc. En espérant que la nouvelle génération tiendra au moins 5 ans. Parce que je serai pas un héros tous les ans.

Bavé par
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25fév/140

La petite sirène

"Oooooo-key, reprenons encore une fois depuis le début.

Donc oui, j'ai croisé la petite sirène. Oui, à Copenhague. Non, pas sur un rocher. Et oui, je l'avais déjà vu ailleurs avant. Quoi, comment? Non mais vous savez, elle a 2 jambes, comme vous et moi. Elle ne tient pas trop du poisson en fait. Elle doit plutôt avoir des gènes de gecko, je crois. Bah, pour marcher comme elle fait avec des talons sur tous les terrains, faut au moins ça. La boue, les rochers, la montagne, la mer, elle va partout. Ah ben c'est sur que ce serait plus difficile avec une nageoire, oui. En plus, je crois qu'elle voyage en avion. Un avantage capillaire, elle appelle ça. Parait que le varech n'est pas super pour se coiffer.

Donc oui, j'ai causé un peu avec Ariel. Oui, je l'appelle Ariel parce qu'on la croirait sortie d'un Disney. Avec les étoiles dans les yeux, une banane dans la bouche et l'eurovision en fond sonore. Ah ben on était quand même en Scandinavie, ces gens ne plaisantent pas avec la musique. En plus, elle aime les jouets, j'allais pas l'appeler Splash. Donc si j'ai bien compris, elle a un plan de domination du monde. Pas trop façon Cortex et Minus, non, plutôt dans le genre Bisounours. Elle veut propager le bonheur, je crois. Oui, moi aussi, j'ai cru qu'elle sortait de Christiana. Je me suis dit que c'était encore une de ces hippies sous influence. Mais je l'ai rien vu prendre. Et le pire, c'est qu'elle est un peu contagieuse. Je sais, ça fait un peu peur. En tout cas, elle aime taper la discut', et manger, et se promener et aider les gens qui ont froid. Oui, elle est gentille, j'arrête pas de vous le dire. Du coup, elle nous a emmené voir des vikings, des drogués, des lego et des enfants abandonnés. C'était génial.

En attendant, elle engrange les connaissances. Plutôt artistiques que militaires, mais j'imagine qu'elle a un plan. Faudra que je pense à lui redemander. Hein? Bah oui, elle nous a invité à la retrouver régulièrement. Quand je vous dis que son truc, c'est la gentillesse. Ok, elle travaille à petite échelle mais demandez aux autres, ils confirmeront. Et le plus énervant, c'est que ça fonctionne. C'était un super weekend. Au moins pour ceux qui lui causent, oui. C'est vrai que vous, je ne vous sens pas trop détendu là. Quoi? Mais non, je vous dit qu'on a rien acheté à Christiana, bordel !"

Bavé par
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