Merci Mozinor
Ne croyez pas que je ne fais rien. C'est faux. Je m'ennuie toujours autant. Seulement voilà, j'arrive au bout des séries que je suivais, il faut faire le choix sur les prochaines à suivre. Je n'ai plus vraiment de jeu en cours, enfin si, mais pas trop. Du coup, je m'inscris sur des sites trouvant des travaux, renouant avec les collègues du passé. Et j'ai mis à jour mon copain d'avant pour rafraichir un peu mon profil.
C'est là que je me suis fait harponner. Etant contacté par une personne dont le nom m'était pourtant familier, j'ai fait ce que le noob moyen fait toujours dans ce cas là: j'ai répondu. Pourtant, il m'aurait suffit d'aller voir le profil de la personne en question pour bien voir que non, ce n'est pas celle que je croyais puisqu'elle n'avait pas l'air d'avoir 6 ans dans mon souvenir. En plus 6 ans, chez les étudiants, ça se remarque. Donc bon, j'ai répondu à Muriel par mail et je me suis soudainement retrouvé face à une brouteuse, ce qui peut paraître sale mais est en fait le nom africain du chasseur de gogo, si on en croit Envoyé spatial.
C'est alors que m'est revenu en mémoire ce tutoriel magnifique réalisé par le non moins extraordinaire Mozinor sur la chasse au brouteur. Après un revisionnage de circonstance, je décidai alors de suivre son exemple et de devenir Mugu, c'est-à-dire pigeon (toujours en africain d'Envoyé spatial). Et effectivement, comme annoncé par la pub, on y prend vite goût. Ma brouteuse n'a pas tardé à mordre à l'hameçon et à me décrire tous les malheurs de sa famille, entre meurtre, diabète, exil et succession. Car si certaines reçoivent de l'amour en héritage, la plupart des brouteurs reçoivent eux plutôt un gros pactole. Malheureusement, il est toujours inaccessible et c'est là que le mugu est nécessaire.
J'ai donc décidé d'enfiler la peau de Jean-Luc Assek, sourd, pastafariste, marteau-piqueur le jour et aussi la nuit mais sur d'autres terrains de jeu, et mugu amateur. Jusqu'ici, je n'ai eu que quelques échanges avec la petit Mumu, en prenant honteusement mon temps pour répondre alors qu'elle et son pitit frère Paul souffre le martyr, orphelins exilés et affamés. Je constate également que ma brouteuse fait intervenir des collègues à elle en me demandant de contacter par exemple le directeur de l'entreprise du gardiennage qui a la main sur le coffre du papa millionnaire décédé. On voit que la technique s'est étoffée depuis le tutoriel de Mozinor. Toujours est-il que pour l'instant, ça prend.
Sans doute rendu méfiant par d'autres chasseurs de brouteurs, le directeur en question vient de me demander de prouver mon identité. Heureusement que j'ai retrouvé mon passeport grolandais. Et je sens que je tiens enfin là le moyen de m'amuser tout l'hiver. Alors pour cette idée cadeau contre l'ennui, encore une fois, je dis merci Mozinor.
C’était pour dire rien du tout
Ne voulant pas me démarquer de la population peuplant encore le cadavre du phénomène blog, j'ai décidé de céder à la tradition de la note pour ne rien dire. Parce qu'il n'y a pas que les modes comme celles d'écrire moins, qui sont finalement assez récente (en temps usuel, parce qu'en temps web, this is old news), qui se doivent d'être suivies. Les classiques ne se démodent jamais.
Alors ça va bien? Il fait beau, hein? Mais pas très chaud, c'est vrai. Et puis au fait, bonne année! Et puis surtout, la santé.
Je retiendrai surtout des fêtes qu'elles étaient loin du bureau. Sorti de là, rien à signaler vraiment.
Quant à la jubilation geek soudaine de ces deux dernières semaines, suite aux annonces successives des forfait Free Mobile, de la campagne présidentielle française où tout le monde attend le champion sortant pour le taper ou de la nouvelle rumeur d'un retour hexagonal de BK, on est assez épargné en Belgique. Pourtant, le gouvernement belge est toujours là, mais ça n'intéresse plus personne, et surtout pas les opérateurs locaux qui continuent leur racket en toute impunité.
J'ai même fini tous mes jeux. J'ai bien pris un Fall Out pour m'occuper mais ce n'est pas la transcendance.
Et après Dollhouse et Death Valley, il faut choisir quoi suivre maintenant.
Enfin voilà voilà.
Alors histoire quand même de célébrer toute cette inactivité bondissante, je vais exceptionnellement vous offrir quelques 129ko de silence de Jennifer Ellison. Profitez en, parce qu'après les représailles de ma blonde, je ne suis pas sûr de recommencer.

Fin du monde, round 354326712
Ah ça y est, elle est de retour. Elle s'est pourtant faite démonter la gueule l'an dernier par des crétins pas très catholiques aux usa, mais non, il faut qu'elle revienne. On ne peut pas lui reprocher de manquer de persévérance, à la fin du monde, c'est sur. Mais il arrive un moment où l'apocalypse lasse. Et vu qu'on va en manger toute l'année, je sens déjà pointer l'indigestion.
Alors qu'a-t-on cette année? Potentiellement Nostradamus, mais ça, c'est un running gag sans interruption. Sans doute qu'Elisabeth Tessier ou Paco Rabanne se sont dits qu'ils auraient l'air moins cons en portant les prédictions d'un autre. Je ne suis pas convaincu du résultat. Autres challengers la crise économique et la destruction inexorable de notre écosystème. Sauf qu'il facile de régler le manque de ressources en mangeant du riche, problème résolu.
Non, le gros prétendant au titre d'Apocalypse de l'année, c'est la fin du calendrier Maya. Premièrement, j'aimerai dire aux Mayas que personnellement, quand mon calendrier est fini, j'en achète un nouveau sans appeler à l'Armageddon. D'ailleurs, il faudrait que je pense à remplacer mon éphéméride Clara Morgane. Ensuite, venant d'une civilisation quasi éteinte, qui ne connaissait même pas la roue et qui s'est faite dérouiller par une nation portant plus de 20% de chômeurs (même s'ils sont champions du monde de fouteballe), j'ai du mal à prendre la menace au sérieux. Sans compter qu'on parle quand même d'une abeille allemande dessinée par des japonais. On peut raisonnablement croire à l'erreur de traduction. D'ailleurs, ces couillons n'ont même pas été foutus d'aller vérifier sur Wikipedia qui annonce qu'en fait, ce serait pour 2220. C'est bien gentil de vouloir se la jouer scientifique mais quand on n'est pas foutu de faire un calcul sans oublier la retenue, ce n'est peut-être pas la peine de gueuler aussi fort.
Mais allez, un peu d'espoir. La science finira bien par réussir à trouver une fin du monde qui fonctionne, un jour. Il suffit d'y croire et d'attendre gentiment, en mangeant son gateau.
It’s a-me, Tino
On ne l'avait pas encore trop remarqué. Il faisait encore beau et doux, à tel point que les ouvriers qui refont la route se retrouvaient bien ennuyés à ne pas pouvoir justifier le retard du chantier. On pouvait encore voir de loin où on allait, ce qui en Belgique veut dire beaucoup. Et puis ils ont commencé à arriver à la première chute du thermomètre. Il faut nous préparer.
Ils ont commencé à hanter les magasins en troupeaux désorganisés. Le cheveu en bataille, le poil apparent, l'haleine au café de s'être pressé pour pouvoir griffer les grilles du magasin. On les entends de loin. Ils marmonnent "cadeauuuuuuuxxx". Ils sont partout. Ils harcèlent des scouts pour le moindre papier rouge argenté à fleurs. Ils bousculent tout sur leur passage. Je ne sais pas si c'est eux qui amènent le froid ou l'inverse, mais bizarrement, on les rencontre uniquement à cette période de l'année. Et rien ne peut les arrêter. Le roi fait mine d'avoir d'autres batailles à gagner, et pendant ce temps, ils ravagent. A quoi bon sauver le royaume s'il ne reste plus d'argent à dépenser après?
Personnellement, j'ai décidé de me barricader. Cette année, je vais probablement rester seul chez moi. Je vais essayer de limiter les dégâts en bloquant mes escaliers avec des sacs de sable et en parsemant de bolduc les paillassons de mes voisins du dessous. Avec un peu de chance, ils se feront prendre à ma place. Je vais aussi lancer des appâts à l'étranger en faisant livrer des paquets, grâce à la magie du web. J'ai déjà une pile de jeux à commencer pour pouvoir tenir 2 semaines. Il ne me reste plus qu'à faire les provisions. Si j'y survis, je devrais pouvoir passer l'année. Sinon, dites à ma blonde d'être prudente. Ils ne devraient plus tarder à déterrer leur chef, le vieux corse. Et là, ce sera vraiment la fin.

Rise of the Matrix
A la sortie de Matrix, je me disais que j'aimerai bien être Neo. Pas parce que sa nana est une bombasse ou parce qu'il gagne des millions de dollars pour faire croire qu'il est le nouveau Jesus. Même pas parce qu'il peut déformer la matrice comme il veut (et pourtant, ça en ouvre des possibilités). Non, le truc que je lui envie, c'est sa machine à apprendre, aiguille géante plantée dans la nuque mise à part. Parce que bon, devenir le fils prodige de Bruce Lee et de Chuck Norris, c'est quand même la grosse classe.
Et j'apprends cette semaine que ce sera peut-être bientôt possible. Au début, j'ai eu un peu peur quand même. Les nouvelles du genre, extraites des films, commencent à tomber un peu trop souvent. Il y a l'équivalent de Skynet qui a été mis en route. On commence à pouvoir lire grossièrement les rêves des gens grâce à des irms. Alors bon, ça sent pas trop les lendemains qui chantent. Mais quand même, l'irm qui arrive à t'imprimer un savoir-faire rien qu'en te titillant le cortex, c'est excitant. Pas physiquement hein, le cerveau ne ressent rien. Bon alors bien sur, ça veut dire que la matrice va sans doute nous tomber sur la gueule d'un jour à l'autre et on sait bien que les premiers utilisateurs de ce genre de propagande pernicieuse sont, dans l'ordre: l'armée, le gouvernement, les publicitaires. C'est dire si on est dans la merde.
N'empêche que j'aimerai bien mettre la main sur leur machin, un peu mis au point bien sur. Je pourrai enfin apprendre un peu de guitare sans sacrifier mon planning de jeu video. Je ne suis pas sûr que ça fasse aussi pousser la corne sur les doigts, mais on ne peut pas tout avoir. Et puis je ne suis pas exigeant. Je veux juste apprendre la guitare, le kung-fu et l'intégralité des connaissances de la bibliothèque nationale. Une paille, quoi.

Il est mort…
... il est mort, le Napster. Nicoletta aussi peut-être, mais c'est un autre débat. Alors oui, je sais, on peut dire que ça fait quelques années qu'il jouait les zombies. Il y a bien longtemps qu'il était trépassé, suite à sa prise en main par la justice des producteurs de disques. Mais cette fois, il disparaît définitivement dans l'abîme du web. Il se fait tout manger par un autre site de musique, je crois. Et c'est triste.
Oui, c'est triste. Toi, le jeune, tu t'en fous comme de ta première mèche. Tu ne jures que par itunes ou par emule. Tu serais même capable de le traiter d'itunes-like, le vieux Napster. Mais ne nous y trompons pas. Si aujourd'hui, tu écoutes du mp3 et tu n'achètes plus d'album, mettant à mal les revenus de la bonne au black de Pascal Nègre, c'est quand même en partie grâce à Napster. Tu n'en as peut-être pas conscience, mais à une époque, on écoutait du cd. Les lecteurs mp3 et autres ipod n'existaient pas encore. Il n'y avait guère que des technologeeks pour encoder leurs cd, histoire de pouvoir écouter un album dans un labo d'informatique sans risque de mettre de la sauce de Mc Deluxe sur leur walkman cd. On attendait plus ou moins les sorties des premiers Archos et autre Creative Jukebox alors hors de prix (et à piles). Et Napster est arrivé, insouciant, tel la fleur, libérant d'un coup le partage de la musique et donnant un intérêt suffisant à nos lignes internet pour que le grand public se jette dedans. A l'époque, c'était l'équivalent de la mule plus tard. Un repère de pirates tous contents d'accéder à de la culture gratuite.
Alors oui, le piratage, c'est mal. Ca tue les artistes de demain qu'on ne veut pas voir exister. Mais la fin de Napster, c'est un peu comme si Philips, inventeur du cd, mettait la clé sous la porte. Forcément, tu n'utilises plus de cd et ça t'en touche une sans remuer l'autre, mais ça me fait quelque chose. Pour te donner une image qui te parle, c'est un peu comme si Facebook, inventeur de facebook, disparaît. Ah ben oui, ça ne fait pas trop tourner les serviettes comme des petites marionnettes là. C'est triste. Ca me fait me sentir vieux.

Winter’s coming… eventually
Robbard a un rêve. Plus qu'un rêve en fait, une vocation. Ca lui est venu tout d'un coup, un soir, ou peut-être une nuit. Alors qu'il s'était endormi près d'un lac mitoyen à deux parcelles de terre, il s'est rendu compte que ce serait bien d'avoir quelqu'un pour enregistrer les délimitations définitives de toutes ces propriétés. D'en finir enfin avec ces querelles de clocher sur les parcelles de chacun. Il n'y avait jamais pensé et c'était maintenant une évidence: il serait notaire.
Alors évidemment, notaire à Westeros, ce n'était pas gagné. Il pouvait déjà oublier toute la partie succession, les rois et autres nobliaux locaux s'en chargeait pour lui. Bien sur, ça ne l'empêchait pas d'espérer qu'un jour, un prince un peu procédurier vienne faire appel à ses services, mais pour l'instant, la plupart avaient plutôt recours à la force, aux épées, au lignage, à la diplomatie, aux mariages et aux autres méthodes archaïques. Et surtout à leur propre jugement. Les rois ont une fâcheuse tendance à se croire omnipotent. Ca n'arrangeait pas son commerce, mais après tout, c'est la loi de l'offre et de la demande. Alors en attendant, il parcourait la campagne, proposant ses services à qui voudrait bien en faire usage. C'est pas les pécores en mal d'appropriation du moindre gland qui manquent.
Mais les affaires ne sont pas vaillantes. Les gueux préfèrent s'en remettre aux mestres, ces marabouts enchaînés. Ou alors attendre la prochaine guerre pour piller un peu chez les voisins. En plus de tout ça, les distances sont longues, à la campagne. Et dans les villes, les guets l'empêchent d'exercer, le prenant pour un extorqueur malfaisant. Il n'a même pas réussi à placer un seul testament, les gens préférant se fier aux liens du sang ou de la sagesse populaire. Mais Robbard s'accroche. Il sait qu'un jour son heure viendra. Peut-être au prochain hiver.
L’homme est un muet contrarié
Il se trouve que depuis 2 jours, dans le cadre d'une activité digne de l'échelle de Beaufort mais néanmoins rémunérée, on me demande de former des gens. A quoi, ça n'intéresse personne et surtout pas moi. L'important est le processus d'apprentissage. Je ne sais pas vous, mais quand j'étais jeune et innocent (ahhh mes 10 ans), j'imaginais le principe de la formation comme une pub Narta, sans forcément une blonde à gros nichons pour se remettre les cheveux en place. Quelque chose qu'on peut schématiser comme ça:

Des élèves attentifs et passionnés, buvant littéralement les paroles d'un éducateur prêt à faire jaillir sa source de savoir sur des adultes payés et consentants (ce n'est pas sale). Or, on le sait, les gens sont rarement bleus et les formations ne ressemblent jamais à ça. D'abord, parce que côté des apprentis, on ne vient pas forcément, on n'est pas forcément là de son plein gré, on n'a parfois aucune idée de pourquoi on est là, on n'est pas content, on s'endort, on a faim et on ne se servira jamais de ce qu'on a appris. Des étudiants normaux quoi.
Mais le vrai problème, puisque c'est le mien, c'est que le formateur, fondamentalement humain jusqu'à preuve du contraire, n'est pas équipé pour bavasser longuement sur des sujets qui n'intéressent que son boss. Voire, pour déblatérer tout court. Au trou l'image de l'éducateur passionné et passionnant qui peut discourir pendant des heures sur des sujets insignifiants en vous faisant croire que ça présente une opportunité unique d'occuper son temps. Robin Williams n'est qu'un escroc. Je le constate depuis 2 jours. Physiologiquement, au bout de 2h, j'ai la voix qui commence à se casser et au bout du double, elle commence à mourir. Heureusement que je ne parle pas à mes collègues, sorti de ces sessions. Mais j'ai le mal que seule une bonne rasade de flotte à la mayo pourra soulager. Et en vérité, je peste contre la gonzesse qui a pu inventer ce concept malsain.
Car oui, j'affirme bien haut qu'il n'y a qu'une fiotte de gonzesse pour avoir cru un jour que l'homme était fait pour communiquer verbalement. Il n'y a que ces êtres sans couilles pour oser penser qu'une diarrhée verbale, aussi instructive se veut-elle, pouvait être sans conséquence sur nos petits organismes fragiles. Il y a pourtant tellement de poésie et de profondeur dans un groumpf bien poussé. De la concision en toute chose (sauf en raclette, mais c'est un autre sujet). La subtilité d'un regard, un grognement qui vient du ventre, un majeur majestueusement levé, autant d'exemple de communication sans risque et totalement compréhensible pour l'ensemble des mâles de notre planète. Et je parle même pas de l'art iconographe, bien utile aux procédures d'urgences de la planète. Il aura fallu la femme pour imposer la prolixité. Et ce n'est pas un hasard si ça sonne comme une maladie.
Sportez vous bien, qu’ils disaient
On le sait déjà, le sport, c'est mal. Pardon, je la refais. Le sport, c'est maaaaaaaaaaaaaaal. Ca fait prendre du poids, ça ratatine les nichons de nos copines pour les transformer en pectoraux, ça fait mal aux articulations, et si on arrête, ça fait grossir. Je ne vois vraiment aucun avantage là dedans, à part peut-être pour quelques rares fanatiques qui réussissent à y gagner confortablement leur vie et éventuellement pour pouvoir manger des chips sur son canapé. Voir suer des gens, personnellement, ça me déculpabilise.
Seulement voilà, même si la pratique sportive pouvait être comparable à la sale habitude de fumer (addiction, odeur nauséabonde, prise de gras en cas d'arrêt), je n'aurais jamais osé rapprocher ça de la drogue. A part évidemment pour les dopés de haut niveau (à peu près tout ce qui passe à la télé donc). Pourtant, d'autres y ont pensé pour moi. L'évidence était pourtant là. J'ai moi même connu une charmante damoiselle tellement accro qu'elle finissait par accompagner son petit cul par des épaules plus larges que ses hanches. Un vrai drame pour les fantasmes de ses collègues. Et aujourd'hui, on peut enfin le dire. Le sport, c'est comme de la drog', voyez? Juste dit non, comme dirait nos amis étazuniens. Il va enfin être temps de lutter contre ce fléau. C'est pas faute de le répéter à longueur d'année pourtant. Les preuves sont partout. Comment peut-on encore nous avancer ces mensonges sur la santé, le bien-être et la beauté physique? On sait ce que ça donne le sport:

Alors maintenant qu'on a des preuves, il faut le dire aux jeunes. Ne vous lancez pas là-dedans. Ce sont des pratiques dangereuses qui vous détruiront à petit feu. Vous verrez qu'un jour, tous les sportifs dont on nous vante les exploits finiront par mourir. Je sais que c'est attirant, moi-même j'ai plongé dedans récemment. Mais c'est pour ça que je pars dès cette semaine en vacances au pays de la choucroute et des kartoffeln pour me soigner. Ne prenez pas ce risque. Ne faites pas ça chez vous (ou même ailleurs).
Les restes du coeur
Marie-Thérèse ne sort plus de chez elle. Ou alors juste quelques mètres, pour aller se ravitailler. Elle n'a pas besoin de plus. Et puis elle le connait, son petit épicier. Avec lui, elle peut au moins échanger 3 mots, avant de rentrer chez elle. Et de s'accrocher à sa fenêtre.
C'est un peu sa part d'humanité quotidienne. Elle ne supporte plus la télévision. Elle a l'impression de devenir de plus en plus bête devant. Il y a bien Jean-Pierre Pernaud pour penser aux petites gens comme elle, mais sorti de là, elle se sent dépassé par les programmes. Des gens beaux, riches et étrangers, avec des préoccupations d'un autre monde, elle ne s'y retrouve plus. Alors elle regarde le tram.
Elle a beaucoup râlé pendant les travaux. Le changement n'est jamais super agréable, surtout quand il fait du bruit. Mais depuis, elle ne peut plus s'en passer. Elle se met à sa fenêtre, le rideau à la main et elle regarde passer la population qui va et vient à l'arrêt devant sa fenêtre. Vu qu'elle est au deuxième étage, elle ne craint pas d'être vue. Les gens ne lèvent jamais la tête. C'est son théâtre du quotidien. Elle s'invente des histoires en essayant de comprendre les interactions qui défilent.

Assis dans mon tram, je la regarde, avide des yeux. Aucune perversité dans son regard, juste une imagination qui turbine à fond. Et l'impression d'appartenir encore à la race humaine. Elle ne m'a pas vue. Elle sourit. J'hésite à lui faire signe.